Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 02:13
Il y a un trou dans le toit, chacun connait les problèmes dû à un trou dans le toit. L'eau coule le long des tuiles et s'y engouffre pour investir la maison. C'est un minuscule trou en vérité, mais la laine de verre est trempée à présent et le plafond commence tout juste à montrer quelques taches d'humidité. Ce gris verdoyant laisse tomber doucement des gouttes sur le piano à queue. Ce meuble noir comme la nuit qui se déroule dehors dont les contours luisent comme la lune. Il pleut donc.
L'eau coule doucement contre l'ancien arbre qui n'est aujourd'hui qu'un instrument de musique.
Noah entra dans la pièce, attirée par la mélodie de cette pluie d'intérieur. La jeune fille marchait d'une drôle de manière, sur la pointe des pieds, peut être avait-elle peur de déranger le liquide dans son écoulement paisible. C'était surement cela. Elle posa sa main sur le piano et ouvrit calmement, découvrant les dents d'ivoires du monstre. Ces yeux morts fixèrent l'endroit d'où provenait le tintement de la pluie. Son doigt s'aventura alors sur les touches et appuya, avec le rythme des gouttes, sur une touche au bruit minuscule. Elle appuya sur une nouvelle note, sans discontinuer le premier rythme, un craquement se fit entendre dans le plafond. Deuxième fois, plus rien. Puis elle frappa sur la touche la plus grave. Rien. Elle fronça les sourcils, s'assit à la place du pianiste et attrapa une feuille blanche qu'elle plaça devant elle.
Sa main droite joua avec les dents cariés de ce monstre musical, réveillant le mastodonte qui secoua toute l'eau qu'il avait sur le dos.
Puis une fissure se déclara dans le plafond sous l'importance du poids de la bestiole qui frappait du pied. L'eau se déversa contre le verre des anciens cadres et sur le bois des antiques meubles. Noah plaça sa main gauche au dessus des touches, le piano réprima un frisson. Elle agrémenta ses notes d'une mélodie miroir à sa main droite. La cacophonie était à son comble. La pluie, voulant s'inviter à la fête, en fit part au vent, qui ouvrit les deux fenêtres d'un poing puissant. Noah n'avait pas peur. Non. Elle voyait toutes ces personnes qui aimait sa musique dans l'écrin de la nuit, de la pluie et du vent.

Puis il y eu cette main, posée sur l'épaule de l'enfant.
"Il faut aller dormir."
Le soleil s'est levé. Et tout a disparu.
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Musique écrite
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 02:11
I.
Je pense que, pendant presque dix ans, je n'ai fait que ressentir. L'enfance est un moment merveilleux par le fait que vos actions ne sont pas plus intuitives que réfléchies. Des tics un peu sauvages et pourtant humains. Les souvenirs flous de l'enfance, les brides de sensations. Un goût de glace à la fraise, une vive douleur pour avoir trop approché une flamme. Tout est une découverte, tout est étrange, mais les seuls obstacles sont une clôture trop haute ou une porte fermée à clé. Et tout se réglera lorsqu'on sera grand, pense-t-on. La maturité est une hache à double tranchant. Elle apporte l’intelligence et ce que nous appellerons la quatrième vue. La première est celle des couleurs, puis celle des formes, la troisième définissant l'esthétisme. Il y a donc cette quatrième vue que l'on acquiert à l'adolescence. Celle des relations et des sentiments... Son apparition n'est pas un tour de magie, c'est une évolution qui se fait peu à peu. Je pense même que ce n'est rien d'autre que l'évolution du “filtre”. Ce filtre qui permet à un enfant de pouvoir s'isoler dans son propre monde et de rêver les yeux ouverts. La quatrième vue est quelque chose d'horrible chez certains, elle oblige à la réalité, c'est un bulldozer destiné à briser l'âme de l'enfance. Elle nous rappelle ce qui se passe autour de nous, montre les hypocrites, nous hurle que nos rêves sont impossibles. Avec cette vue vient le pessimisme et le découragement; je la pense responsable de presque tous les suicides. A-t-on déjà vu un enfant se tuer ? Aucun animal n'a de quatrième vue. L'homme ne se sent que plus seul. Remarquez, certains vivent très bien avec et s'y sont totalement habitués. Moi, je ne pourrais pas. J'ai à présent treize ans. Je commence à prendre conscience de la réalité, peu à peu mes filtres se transforment. Alors j'ai décidé de tout perdre. C'est pour ça que je me suis crevée les yeux, pour marcher dans le noir.

II.
« Crever. » On entend déjà le pneu se dégonfler dans un sifflement. Mais il n'y eut aucun bruit, j'entends hurler à l'intérieur mais rien ne s'échappe de mes lèvres entrouvertes. Le goût du sang qui s'écoule me rappelle qu'autour de mon âme, il y a un corps. Un truc qui nécessite ma présence. Je ne l'avais jamais remarqué avant. Nous sommes deux ? Je me suis attaquée à un inconnu alors ou à une chose sans vie ? La douleur apporte à mon esprit un flot d'idées étranges, pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir mal. Ma sœur arrive et crie. Dix minutes plus tard, je suis sur une table d'opération. Pour tout vous avouer, je n'ai réussi qu'à me rendre borgne. La lame du ciseau à couture n'a fait que m'érafler l'iris de l'œil droit. Le gauche était irréparable. Après l'opération, un bandeau fut posé devant mes deux yeux. Pendant un mois entier, j'ai perdu toutes mes vues. Pour tous, j'étais devenu folle. Le chirurgien m'expliqua comment il a sauvé mon œil droit sous mon air désappointé et me qualifia d'inconsciente. Était-ce inconscient ? J'ai juste fait un sacrifice pour fuir la réalité. Mathématiquement, sacrifice égal courage et fuir égal lâcheté. Je suis donc d'une courageuse lâcheté. Logique, cela me va comme définition. La perte de la vue est quelque chose d'étrange pour moi autant que pour les autres, j'ai l'impression d'avoir, pour une fois, réussi à m'extraire de mon destin préfabriqué. Jamais, je ne serais confrontée aux regards des autres, jamais je n'aurais une vie bien rangée et bourrée de stéréotypes, jamais je ne ferais partie d'une masse compacte. Cette masse d'ailleurs, n'existe plus. Tant que je l'aurais décidée. Je suis devenue Dieu de mon monde. Celui que je projette à l'arrière de mes paupières. Peu m'importe le réel et le concret ! Et si, pour une fois, c'était moi qui avais raison ?

III.
« Crever. » Crever comme un chien. Malgré son absence, l'œil gauche est le plus présent dans mon esprit, sans doute à cause de la douleur lancinante qu'il m'inflige. M'habituer ne fut pas aussi facile que de me faire plonger dans le noir. Car, ce n'est que du noir, un sombre écrin de velours, et parfois un peu de gris. Une semaine après mon opération, j'ai du mal à faire fleurir quelques couleurs derrière mes paupières closes. Vivre et contrôler son monde n'est pas une tâche aisée. Je m'entraine avec mon esprit, à m'en froisser la cervelle et les sentiments. À chaque fin de journée, j'ai des papillons d'incompréhension plein le crâne, des bourdons d'abattement, quelques libellules d'idées moroses. Cette vague de sentiments qui battaient de l'aile, un soir, s'écoula en larme. Je n'y peux rien. Je n'y arrive pas. Je suis déjà trop grande ? Ma tête se penche en avant, l'eau salée coule le long de mes bras. Je fixe l'emplacement de mes mains un long moment, les mèches de mes cheveux me frôlent et me rappellent leur présence dans un jeu cruel. Je ne peux pas, pourquoi ? Ce n'est pas de l'eau salée mais de la peinture qui coule de mes yeux. Ma peau est devenue jaune, bleu, noir et rouge. La gouache goutte de mes doigts multicolores...Ces formes. Ce fut un déclic, je ne vois que mes mains, mes avant-bras...Je pleure pourtant. Noir, rouge, bleu. Jaune. Le jaune pétille derrière mes paupières. Je place mes mains contre mes draps, pour compléter le tableau. Ils apparurent, eux aussi tout tâchés de couleurs. Il n'y a même pas besoin que je me force. « Je vois. » Mes lèvres sèches se décollent pour former ces deux syllabes. Puis un triste sourire s'étend, les mêmes mots, plus fort. Puis encore plus fort. Les infirmières arrivent en courant. Elles répètent ne pas comprendre, mais qui peux comprendre à présent ? Personne. Je les vois me montrer du doigt, en chuchotant. Je lèche la gouache sur mes lèvres et souris. Je vois tout.

IV.
Un mois plus tard, le chirurgien m'enlevait mes bandages. Le déroulement du pansement ne présenta aucun problème, ni même une seule douleur. Mon œil gauche était ouvert sur l'infini, il était entièrement blanc selon le chirurgien.
« Ouvre l'œil droit.
-Je n'y arrive pas. »
L'image qui apparu sur mes paupières, montrait un homme perplexe devant mon refus. Car ce n'était rien de plus qu'un refus. On l'avait pourtant prévenu, non ? Je suis folle.
« Je n'y arrive pas. »
Je pouvais à peine apercevoir une source de lumière derrière le médecin. Pendant trois jours, je refusai d'entrouvrir l'œil, on me changea d'endroit et on me donna une canne pour me repérer. Autrement dit : me défendre des meubles.
Contrairement au reste, j'avais plus de mal à imaginer les pièces dans leurs intégralité. Le fait que les meubles soient silencieux faisait d'eux mes ennemis les plus fourbes ! Le pire est sans doute lorsque qu'ils me sourient de façon narquoise. J'irais bien déchirer mes paupières dans ces moments où mon imagination me fait vivre un cauchemar.
Car, moi, je suis aveugle. Une de ces vraies aveugles aux valeurs sûres. Handicapée handicapante. On m'apprend le braille et ma nouvelle vie. On m'apprend à manger comme à une enfant, à ressentir, à vouloir prendre, à marcher. Alors j'ai réussi.
Marcher droit dans le noir.
Mon noir, mon encre, ma création. Tout droit. Il n'y pas de frontières, ni de murs dans cet endroit. Je n'ai pas peur.

V.

Je redécouvre. Je regrette. Je n’ai plus faim. Je n’ai plus besoin de rien.
Il fait beau, le soleil me caresse le visage avec ses voiles chauds. En avant toute ! Le vent souffle. En avant toute ! Enroulée dans les draps du soleil, je me laisse emporter. Vers, un pays lointain, peuplé de Djinns et de princesses, l’été apporte derrière mes paupières un peu de noir des mille et une nuits. Je connais ces moments sans lune, ni étoiles; les paroles de la conteuse sont là pour les accrocher une à une. Je serais ma propre conteuse et en premier, j’accrocherais la lune. Immense rond blanc aux cratères gris, seule réalité que j’aimais.
En avant toute ! Les nuits d’été n’auront plus à souffrir mon regard et mes paroles. Elles seront par-dessus mon épaule : silencieuses et invisibles. Alors, avec classe et distinction, passeront les Dames Lune.
La première que j’ai aperçue dévorait une étoile. Elle portait une robe blanche légèrement rosé qui se confondait avec sa peau. J’entendais distinctement les branches poudrées claquer entre ses dents. Mais qu’elle était grosse ! Peut être mangeait-elle trop ? Elle ressemblait à une boule de Noël, aussi haute que large. Elle me vit, son visage rond et bouffi se fondit en un sourire aimable.
« Tu t'es perdue ? Viens, je vais te ramener dans ta chambre. »
Elle rangea les étoiles dans un tiroir et me reconduisit, sa main potelée enserrant mon bras.
« Tu devrais dormir.
-Je voulais... »
Elle ferma mon œil gauche et Morphée m'accueillit comme une vieille connaissance.
La deuxième Lune trainait dans les couloirs, très tôt. Elle était encore plus pâle que la précédente, il y avait comme un halo de brouillard blanc autour d'elle. C'était une brume matinale peut être. Ses membres était fins, couverts de bijoux argentés. Bracelets et chaînes tintaient à chacun de ses pas. Une mélodie d'étranges bruits. Je la suivais, à pas de loup, fascinée par sa beauté fragile et immense, c'était comme une girafe argentée. À pas réfléchis et lents, elle passa une grande porte. Alors on m'interdit de la suivre, deux bras me ceinturèrent et me ramenèrent en arrière. Je me débattis.

La Lune se tourna vers moi tandis qu'on m'éloignait. Je hurlais. Je sentis une aiguille s'enfoncer sous ma peau. Pourquoi encore dormir ?


VI.
Vous avez tort.
Vous êtes fous.
Vous me rendez folle.
Vous, Nous, Tu, Il, Elle, Je.
Je ne mange plus depuis trois jours. Ils se disent inquiets de mon état. J'ai compris où je me trouvais : dans un hôpital psychiatrique. Moi qui croyais sortir bientôt, ça ne sera pas le cas. Je les déteste. J'ai perdu la notion du temps, depuis combien de temps suis-je ici ? J'ai senti tant de saisons passer près de ma peau avec douceur. On m'a donc placée entre ceux que l'on veut oublier ? On veut me soigner ? C'est VOUS qu'il faut soigner ! Mais vous ne voyez donc pas vos vies fades et immondes ? Vous enfermez les anges en cage ! Vous êtes les monstres ! Qu'on me laisse ma vie, je ne cracherais pas sur les vôtres. Taisez-vous ! Taisez-vous ! Je veux être sourde, muette, sans respiration. Un légume. Je ne veux plus vous comprendre. Un oiseau. Quelque chose. Pas quelqu'un.
Je me suis pris un mur.
Taisez-vous.
Vous l'avez construit.
Taisez-vous.
Vous, Nous, Tu, Elle, Il, Je.
Surtout Je.

VII.
On l'a retrouvée dehors un quinze décembre, un œil grand ouvert sur le ciel de coton blanc. Elle sortit ce jour là, par hasard. Il neigeait, sentant les piques froids sur sa peau, elle ouvrit l'œil droit. Et tout changea. Plus rien à l'extrémité de ses doigts, sourde, muette. Des cinq sens, plus aucun ne marchait sinon celui qu’elle avait rejeté. Alors elle avança, indifférente, dans ce blanc qu'elle n'avait pas revu depuis des années. C'était du coton ? Elle s'y allongea et porta son regard loin. Très loin derrière les apparences.
Peut être regardait-elle ce que personne ne voit ?
Ce corps n'était pas elle de toute façon.
Et le froid a fait son office.
Sa mort avait été douce, comme le velours.

Elle n'était plus qu'un bloc de marbre et un numéro classé.
Tombée dans un autre noir.
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Musique écrite
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 20:13
1

La soirée était ennuyeuse à mourir, pour MacPharlain. Malgré sa famille aisée, malgré les quelques honneurs dû à ses enquêtes résolus, Julius se trouvait hors de ce temps doré, hors du mouvement de valse qu'imprimait les pas des danseurs. Parfois, son regard s'attardait sur un valet qui passait moucher les bougies et en rallumer d'autre, le tout avec discrétion. Lorsqu'il surprenait le regard du vieil homme, il baissait la tête avec un air contrit ou désolé. Julius sourit, et son regard se perdit à nouveau parmi la luxure. Dans sa tête, résonnaient des notes de musiques étrangères à l'orchestre composé d'instrument à corde, des notes au goût de métal. Il était sûr que cela venait de Sullivan, que faisait-il encore ? Il soufflait dans les cheminées ? Le vieil homme sourit lui même à cette hypothèse : c'est de l'harmonica. Sullivan jouait de l'harmonica en attendant que le meurtrier se dévoile. Comme si tout cela n'était qu'un jeu. Hors du temps, c'était peut être ce point commun qui rendait audible à Julius l'étrange musique du jeune homme.
La soirée se passait, banale, ils s'amusaient. Paré de leurs plus beaux costumes, ils ne respiraient que de cet air doré, rare, ce qui en fait sa beauté. Les dames portent du velours ou de la soie, un petit Venise au milieu de Londres trempée d'eau froide, une énorme gondole qui emportait loin ses participants sans bouger. Les couples s'entremêlent, se séparent et chacun va vers quelqu'un d'autre, ce soir, chacun ignore qui se trouve derrière les masques. 
Une soirée parfaite pour mourir, pensa cyniquement Julius.
Un noble l'accosta alors que les musiciens faisaient une pause, son visage devint particulièrement sombre en reconnaissant le volumineux maitre de soirée. Cette relation était intéressante dans le cadre des enquêtes, bien moins dans d'autres cas.
« Voyez vous cela ?Julius MacPharlain, c'est bien la première fois que je vous répondez à une invitation ! »
Son habit de soie le serre tellement que le tissu tendu semble prêt à se fendre, il porte un loup agrémenté de plumes blanches et parait si petit par rapport à Julius. Ce dernier répondis d'une voix monocorde :
« Je ne pouvais pas rester dans l'ombre toute ma vie. »
Le rire tonitruant de l'aristocrate fusa. L'inspecteur aurait vendu son âme pour retrouver le calme qu'il avait perdu avec l'arrivée de l'homme.
« Vous avez bien raison. Moi même, je... »
Le discours l'intéressa tellement qu'il n'eut aucun mal à se concentrer sur la musique mécanique du borgne. Son regard repartit dans le vide, comment vérifier la maison à présent qu'il était bloqué à écouter cet homme ? Il ne devait pas parler de ces morts, cela paniquerait toute la gondole et elle risquerait de se renverser. Scotland Yard a déjà du mal à camoufler l'affaire à la presse. 
L'harmonica de Sullivan s'arrêta, et il y eu un cri. La gondole va se renverser et tout le monde va passer par dessus bord. Julius se mis à courir vers ce qu'il estimait être la source du bruit. Il est reproduit à l'identique par chacune des nobles paniquée, cette maison est un dédale de couloir et de hurlement à présent. Sullivan apparaît totalement trempé dans un couloir, le vieil homme prend sa suite avec un peu plus de mal. A un virage, apparaît une femme en pleurs, effondrée devant une porte. Le jeune borgne la prend en charge tandis que Julius entre dans la pièce.
Trop tard. Le malade s'en était donné à coeur joie.

Une main flasque et livide dépassait du tissu qui recouvrait la victime. Julius remonta ses lunettes le long de son nez avant d'entamer la lecture des feuilles qu'il tenait en main. La description de la scène telle que trouvée et le rapport du légiste. Il énuméra avec un petit froncement de sourcils les différentes caractéristiques de la mort à l'intention de son collègue venu ramasser le cadavre.
"Peau découpée avec rage, cage thoracique brisée, cœur arraché. Dit-il avec flegme, comme s'il lisait une recette de cuisine. Le visage est, lui aussi, très abimé, cela à été difficile de mettre un nom sur ce morceaux de chair. Le coeur à été retrouvé un peu plus loin, dans la rue."
Le deuxième personnage hocha la tête après l'avoir écouté attentivement, Julius aurait apprécié que ce soit Sullivan. Mais après une nuit à surveiller les allée et venues dans la pièce, il n'avait trouvé meilleur endroit pour dormir qu'un des coin de celle-ci.
"Quel crime horrible, souffla l'enquêteur."
Du sang tapissait l'endroit comme l'âme tenace du crime. Julius alluma sa pipe et en tira une longue bouffée. Il pointa du doigt le sol où des traces montraient le passage de deux personnes avant que le sang ne sèche.
« Un homme nu-pied et et une trace continue. Peut être une robe ou un sac imbibé de sang.
-Une femme n'aurait jamais la force de commettre une telle chose. »
Le vieil homme ne pris pas la peine de répondre et rangea ses lunettes. Son regard maintenant légèrement flou fixa Sullivan dont la lente respiration rappelait justement celle d'une jeune fille, il se pencha vers le cadavre et recouvrit la main qui dépassait.
Edward Sylfer, un homme d'âge mur, n'avait surement pas eu de chance ce soir là : mauvais endroit, mauvais moment restait une des thèse les plus plausible. Il ne semblait avoir aucun lien avec les dernières victimes. Célibataire, il menait une vie aisée grâce aux dividendes de la compagnie d’import-export gérée par son frère. Rien ne le distinguait des autres, mais rien ne l'en rapprochait non plus.
L'enquêteur et les policiers emportèrent le corps, laissant Julius seul ou presque dans la pièce. Le presque, c'était Sullivan, dormant toujours comme un enfant. Le vieil homme profita des quelques instants de ce calme relatif puis un éclat de lumière attira son attention, il provenait de la main du dormeur. Sans la moindre considération, il déserra l'étreinte des doigts. C'était une pièce d'une livre sterling tachée de sang, donc témoin du crime, malheureux que l'on ne puisse pas faire parler le métal. Sur le coté pile était gravé « Je t'aime », sur le coté face, sous le portrait de la Reine d'Angleterre : « Elise. ». La diminution du prénom Élisabeth.
Combien d'Élisabeth parcourait Londres en ce moment ?Des milliers.
L'indice était maigre, pourtant le sourire exacerbé de Sullivan réapparut et avec lui, la haine de Julius.
Il savait. Ce maudit borgne savait beaucoup, mais il trouvait cela si drôle.


Par Fabrique-Toi - Publié dans : La Folie des Sullivan
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 11:54
Le complexe de la balle rebondissante se décline sous deux formes. La forme extérieur et la forme intérieur.

La forme extérieur.
C'est sans doute le plus commun. Ce sont ces gens qui ne frappent fort que s'il sont influencés ou lancés. Encouragé par son entraineur, un sportif va plus loin dans ses performances, c'est une balle qui est lancée contre un mur. Si on arrête de la lancer, elle cessera tout mouvement au bout d'un instant. Ce complexe est assez foireux, car les idées peuvent lancer les êtres humains, à partir de l'instant où ce ne sont pas nos propres pensées.  On retrouve alors des milliers d'êtres qui lisent un bouquin, cela leur donne une direction, un point où être lancé, où atterrir et il vont dans ce sens. L'idée, contrairement à l'entraineur, ne sait souvent pas viser. Il en résulte un beau bordel. Il est assez mauvais, d'ordinaire, d'être lancé. Mieux vaux avancer soi même et ne pas se cacher derrière le lanceur.

La forme intérieur.
 La balle est donc à l'intérieur de nous et s'agite lorsque quelque chose nous énerve, nous semble injuste. Dès quelle touche une paroie. Elle grossit. Elle ne peux faire cela que dans un endroit clos, refermé. La pression monte, la balle rebondissante grandis. L'homme explose de rage. C'est très facile d'agiter cette balle. Nous pouvons en déduire que la haine n'est qu'un jouet. Rond, en pétrole.
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Réalité Virtuelle.
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 10:48
[Nouvelle arrivée deuxième au concours n°22 des Jeunes écrivains.]

J'attrape le manteau sur la patère et j'ouvre la porte d'un air neutre. Je pose un dernier regard sur la femme qui me fixe dans l'encadrement d'une porte, de longues trainées humides le long de ses maigres joues. Ses yeux sont froids. Un avant goût de fin du monde se distille derrière ses iris. Avec la porte qui se ferme, un claquement et une dernière insulte pour le gouvernement. Dehors, il fait atrocement beau. La mer lèche le bas de la falaise, comme à son habitude, on ne dérange pas Poséidon pour de basses affaires terrestres. Le blé implore la récolte par sa couleur. Il fait beau. C'est la guerre. Le train m'attend pour m'emporter à Montparnasse.

Dans les wagons, l'ambiance est bonne. On se raconte les dernières nouvelles du front, avec nos mots. Je reste dans un coin, ma croix dans les mains, le pendentif que m'a donné ma femme juste avant que je m'en aille. Après toutes ces années de service, je pensais pouvoir retrouver le calme. Si peu de temps de calme, je ne veux déranger personne par mes histoires, je baisse les yeux vers le sol et j'attends. L'extérieur m'agresse de ses couleurs.

Je suis arrivé sur place, le ciel régurgite des années de grisaille sous forme solide, la terre éclate de toutes parts. C'est sans doute à ce moment là, que je me suis mis à courir. Je pense à ma fille qui fabrique cette grêle ardente, les obus qui foncent sur nos corps désordonnés, à chacun de nos pas, une salve de coups se fait entendre dans une usine de la périphérie parisienne. Si elle voulait monter à la capitale, ce n'était surement pas pour cela. La boue grise s'étend à perte de vue, quelques arbres morts sont niellés dans le ciel. Noir et blanc. Détruire avec ma baïonnette, les dernières traces de vie qui s'étendent contre les murs terreux de la tranchée adverse. Rouge. Frénétiquement, je frappe. Sans ordres, ou avec, qu'en ai-je à faire ? De toute façon, je ne comprends pas le français de Paris.

« C'est beau, non ? »
Un homme m'a rejoint à mon poste, il fixe avec moi le no man's land qui s'étend devant nos visages. C'est un gamin, peut-être vingt ans, ou plus, qu'en sais-je. Il parle comme moi, je ne l'avais jamais vu auparavant. Ses cheveux sont blonds comme les épis que j'ai quitté, ses yeux verts comme une mer houleuse, il ne semblait pourtant pas être fait du même bois que ma pauvre personne et mes congénères. Je gratte mon menton où la barbe fleurissait en désagréables chardons. Ma voix abrupte tombe comme un éboulement.
« Non, je ne trouve pas. »
Un long silence s'installe. Au loin, quelques coups de feu se font entendre.

Les korrigans, ces lutins. Plus personne n'y croit. Pourtant, lorsque les bombes éclatent contre le sol, j'entends certains pester contre les anciens contes. Comme parlant des obus comme des choses vivantes. Oui, comme si l'on voulait nous balancer toute l'illusion d'être seul maître de cette réalité. Et que la poudre détruirait ceux qu'elle se décide de toucher. Elle déchiquète la chaire trompée. La vérité est ailleurs, dans le haut commandement, par exemple. L'homme blond est revenu à coté de moi. Si je change de garnison, je suis à peu près sûr qu'il me retrouvera. Une barbe disgracieuse a poussé contre son visage. Les trous et l'épaisseur me donne un indicateur sur jeune âge. Les poils qui ne connaissent pas la dureté du fer sont souvent éparses. Il est vraiment jeune. Dix huit ans, peut-être.
« On m'a dit que vous vous appeliez Gulven.
-On vous en dit des choses. »
Il eu un sourire fier. Il ne semble pas fatigué.
« Vous savez, je suis écrivain. Cela va être magnifique à écrire cette guerre ! »
Une grande envie de lui faire manger de la terre me traversa l'esprit. Mais je reste silencieux, conscient que chacun est à bout de force.

« Gulven !Attendez moi ! »
Nous allons plus au Nord, je suis séparé d'une grande partie de mes compatriotes. Je n'avais pas lié grand chose avec eux, mais cela me rend un peu triste. Il n'y a que ce gosse qui me suit avec ses bagages et ces foutues idées sur la beauté. Je ne m'arrête pas, ne ralentis pas. J'ai l'impression qu'il a encore rajeuni. Je l'attend finalement.
« C'est écrire qui te mange les années ?
-Exactement. Vivement le prochain front ! »
Je l'ai tutoyé pour briser la glace, mon stupide acharnement à ne pas donner de crédit à ses paroles. Après tout, il semble m'apprécier. Je ne sais pas pourquoi. Cela ne m'intéresse pas, je n'ai toujours pas de question concrète à lui poser. Il marche à mes cotés. Mais rien n'a changé.

Une grande attaque finale. Un dernier assaut. On nous promet la fin de la guerre dans cette bataille. Bordel ! Le gosse fait parti des premiers à courir, moi aussi. Je ne comprend pas leur logique... Nous avons envahi une ancienne tranchée ennemie, le corps d'un boche est en train de pourrir dans une des pièces où nous devrions dormir. Chacun crache devant l'entrée qui refoule les effluves de la viande pourrissante. Il occupe les rats, c'est toujours cela de gagné. Après cette attaque, j'ai une permission. Je vais pouvoir revoir les femmes. Le blond croise les bras en regardant la ligne d'horizon. Il donne un léger coup de tête de bas en haut.
« Cela va être drôle demain. »
J'ai envie de fumer. Mais le tabac me manque. Je fixe le ciel désert.

Drôle. Ce n'est certes pas le premier mot qui me serait venu à l'esprit. Ma tête est aussi vide que la coquille d'un œuf gobé, les seules vérités sont celles qui me permettent de survivre. La violence est ma dernière défense. Je me sens plus mélancolique que le marin qui part en mer et plus vif que le poisson qui frétille dans ses filets. Cette idée me redonne un semi-sourire tandis que je rampe sous les barbelés. Quel paradoxe, ce sourire. Le reste de l'attaque, je ne m'en souviens plus très bien, sinon que ce ne fut pas la dernière, sinon que le blond fut blessé. J'ai dû le porter à travers la moitié du champ de bataille, ce fut difficile. Je crois qu'il a perdu beaucoup de sang et qu'il m'a servi de bouclier. Je l'ai déposé dans notre tranchée. Il m'a regardé comme un inconnu, puis un hoquet a fait tomber son menton contre sa poitrine. Un sifflement se fait entendre, un obus tombe à une dizaine de mètres de nous.

[Fin n°1]
On m'a raccommodé le crâne avec une plaque de métal, je porte toujours ma casquette devant ma femme. La guerre, pour moi, c'est fini. Je ne suis pas mort, je vais plutôt bien. J'aime me dire parfois que ces quatre années n'étaient rien. Pour moi, c'est fini. Pour les autres, je ne sais pas. Je m'en fous. Du moment que le voisin ne tue mon chat, en hommage à son fusil et sa soif de sang. Je ne sens pas les répercussions, j'ai repris ma vie de paysan. Le blé me fait penser à la couleur blonde des cheveux du gamin. D'ailleurs, lorsque je me promène seul, ma pipe aux lèvres, il vient parfois me rejoindre...
« Tu sais, Gulven, un roman n'est pas une véritable œuvre tant que n'est pas déposé le point final. »
Il fait un grand geste avec ses mains :
« Aussi, la vie d'un homme ne devient œuvre qu'après sa mort. Toi tu as juste eu le crâne défoncé, les mémoires ne feront pas attention à toi, mais moi, voilà gravé mon nom contre la pierre. »
Je fixe le sol où ne s'étend que mon ombre, un sourire se pose le long de mon visage :
« Tais-toi, gamin. Tais-toi. »
Alors il continue à me suivre, sans rien dire, jusqu'à ce que les élancements dans mon crâne se calment. Je l'aperçois une dernière fois.
« C'est beau la guerre, Gulven. »
Puis il disparaît. Pour moi, c'est fini, mais pour lui, jamais.


[Fin n°2]
J'ai retrouvé dans les affaires du blond, un paquet de feuilles. Le début de l'histoire marqué à l'encre fine commençait par ses phrases :
J'attrape le manteau sur la patère et j'ouvre la porte d'un air neutre. Je pose un dernier regard sur la femme qui me fixe dans l'encadrement d'une porte...

Tu vois Gulven, c'est comme ça que je t'imagine, que j'imagine ce que tu pense, dans ton regard fixé par l'horizon. Si tu as retrouvé ses feuilles de ta vie, c'est que surement que je suis mort. Tu te rend compte ?Ma biographie sera la tienne. Mes derniers mots seront les tiens. Je ne sais pas si je suis mort sur le champ de bataille comme marqué plus haut, si finalement un obus t'arrachera la jambe. Je me suis écrit une vie par ton regard. Je te l'ai emprunté. Tu sais, Gulven, un roman n'est pas une véritable œuvre tant que n'est pas déposé le point final. Aussi, la vie d'un homme ne devient œuvre qu'après sa mort. Si je mérite mon oeuvre, dépose ce point
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Musique écrite
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 10:24
« Tu sais comment faire… Tu connais le moyen… Laisse-moi t’aider… »

Encore cette voix, toujours cette même voix décharnée dont le moindre mot résonnait avec douleur dans son esprit. Il savait qu'il aurait dû se taire, je savais qu'il s'était bien rendu compte de la texture famélique de ses mots. Sous ce peuplier, au milieu de cette nuit, il continuait pourtant à parler, à me supplier. Un sourire passa sur mes lèvres, il avait de la chance. Mon temps aurait été précieux en d'autre occasions. Mais ce soir, je n'avais pas grand chose à faire, juste deux clients ici. Il pleure. Qui croit-il aider avec ses larmes ? Mes longs doigts frôlèrent son menton et lui font relever la tête.

"C'est pourtant un bon moyen de faire pousser les mandragores. La pendaison."

 Il regarda le sol de nouveau, mon index vint s'enfoncer dans sa trachée artère. Je le soulèva alors un peu au dessus du sol, il suffoquait en battant des pieds. 

"Je...Aide...Je..."

Cette voix semi morte me dégoutait, j'avais l'impression d'être face à une moitié de cadavre. Quelqu'un qui n'aurait pas su enfoncer le poignard jusqu'au cœur. Je le lâche au sol. Il forma alors au sol un tas de chiffons et de membres éparses. Pas vraiment mort, ni vraiment vivant. Je regarde les deux corps qui dansent dans le vent au dessus de nos têtes.

"Tes parents, hein ?"

Un sourire s'étendit sur mes lèvres, il n'avait pas osé se relever et sanglotait toujours. Les états du Sud et leurs folkores, depuis des années, je les connaissaient presque par coeur, ces gens blanc qui lynchent des gens noirs. Enfin, blanc, plutôt rose comme de gras cochons, il n'y a que moi qui puisse leur donner le teint de cette sainte couleur. J'attrappa le gamin par le col, il avait eu un sacré courage de m'aborder tout de même, je sentait d'ici la peur lui broyer les trippes.

"Je suis las. Tellement las."

Je le remis debout et quitta le lieu de l'execution. Ses pas maladroits me suivirent, doucement, puis en courant. Suivre la Mort, brave garçon va.

[La suite en Mars]
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Musique écrite
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 21:18
Sur un air de Goran Bregovic.

Etonnante proximité des choses. Mon pied s'enfonce dans le sable, chaque grains minuscules de cette ancienne pierre me chatouille, me blesse. Je ne sais pas. Les pas se suivents, laissant une trainée de choses derrière moi. L'histoire de la réalité ne se termine jamais mieux que par un point final, sous forme de plomb, enfoncé bien profond dans la poitrine.
Je me rappelle pourtant de ses soir où tu dansais prêt de moi, une dernière fois, juste avoir ton sourire, mon corps est brulant du manque, je veux m'effondrer froid comme ce sable. Cette plage ne finira donc jamais ?
J'ai hurlé, lèvre close, les derniers moments. Ils se sont échappés de moi, ont coulés contre mon menton comme la bile acide d'un malade. Les mots se sont échappés, s'envolant vers la terre, glissant sur les mers. Oh, que j'aimerais que mon histoire soit parmi celle que tu racontera à des enfants, comme je t'aurais aimé, comme le ciel est laid. Tu te rappelle de ses deux derniers mots que l'homme du bar a gravé sur toi ?
“La Nuit.”
Parmi tout nos mots de bohème, celui-ci avait été comme une tâche. Le paysage chaud s'emmêlait aux dernière odeurs de vie. La plage, le sable froid et la balle de plomb.
Le bruit m'a déchiré les tempes.
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Musique écrite
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 21:15
Sur l'air : Minor Swing.

Il y a de ces jours froids qui semblent plaqués contre de l'aluminium. L'eau qui coule le long des gouttières, ce même liquide qui plaque contre moi le tissu de mon imper, quelques personnes courent pour échapper à la pluie. Moi même, je force le pas contre le bitume. Il fait nuit, les lampadaires viennent tout juste de s'allumer. J'entends des talons claquer, une jeune femme dans un manteau cintré cours après une voiture en criant "Taxi". Comme de bien entendu, ces talon haut sont rouges. Elle se tourne vers moi. J'ai mis mon journal en visière pour mieux la voir, elle me fait un sourire et ces long cils se pointent vers le sol alors qu'elle fait un mouvement pour s'assoir dans la voiture.
Elle aurait pu s'appeler Pamela Rose et moi Burma, ouais, manquait plus qu'un saxophone pour cracher quelques notes de blues contre les dernières parois de cette rue maintenant vide et trempée.
Je suis rentré dans mon appartement, petit mais agréable. J'ai retrouvé les gestes amples que le froid m'avait volé pour attraper un verre et le remplir d'un mauvais alcool qui se disait être du scotch. Selon la bouteille. Le posant sur le dessus de mon piano, je me suis hissé à ma fenêtre puis j'ai attrapé ma guitare pour faire quelques notes. Moi je suis pas Burma. Mon modèle c'est plutôt Django. Je fixe par la fenêtre cette rue où la pluie a cessé. Les lumières des voitures s'étirent avec leur vitesse dans le noir propice aux illuminations, les feux de circulations deviendraient presque orgueilleux de commander de tel débordements lumineux.
La fille de tout à l'heure est revenue, son talon si rouge et si bruyant dérape, elle tombe au sol et moi, j'éclate d'un rire franc. Pour cette belle comédie, j'entame "Minor Swing", en dérapant souvent. Car personne n'est parfait.
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Musique écrite
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 01:50
I.
II.
III.

-CONNNEXION EN COURS-

A force de courir, cette maudite connexion va peut être se prendre un mur, un dolmen ou même un immeuble. D'où viennent ses mots ?
Eglise, neige, nuit, musée. Qu'est-ce donc qu'un musée ?Est-ce que mon champ de blé pourrait entrer dans un musé ? En tant qu'oeuvre ? C'est quoi une église ? Pourquoi la neige ?
Une neige toute blanche alors qu'il fait nuit, la lumière est dans ses flocons. Une église avec des tableaux d'épis de blé alors que dehors tombe du sucre glace brillant de mille feux.
Sucre glace ?
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Errance du Cyborg.
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 00:02

#5

"Je viens de comprendre l'inadaptation de ma vie à ce monde est dû au fait que je suis un dessin animé sur patte...Donc toi ça doit etre un peu pareil.
- ...Je déteste lorsque tu sors ce genre de vérité"

Deux Pirates.
Par Fabrique-Toi - Publié dans : Chronique de l'inconnue.
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